Un peu d’histoire…

Tout d’abord, pour commencer notre étude, nous allons voir qu’il existe 2 sortes d’agents lacrymogènes: les agents lacrymogènes naturels et les agents lacrymogènes synthétiques. Les agents lacrymogènes naturels, comme l’indique leur nom, sont issus de l’environnement et n’ont donc pas subi de modification par l’Homme. Ils peuvent être contenus dans divers éléments comme le poivre de cayenne ou encore l’oignon. A l’origine, les substances lacrymogènes naturelles avaient pour but d’éloigner les prédateurs. Cet agent est donc une arme naturelle qui permet à ces végétaux de repousser les animaux qui voudraient les consommer. Prenons comme exemple l’oignon : celui-ci se développe sous terre et absorbe le souffre présent dans le sol. C’est pourquoi quand on coupe un oignon, ce souffre est dégagé et rentre en contact avec l’alliinase. Il produit alors un gaz, l’acide sulfurique. Celui-ci provoque un effet similaire au gaz lacrymogène: lorsqu’un animal croque une partie de l’oignon, ses dents cassent les cellules et libèrent alors une substance lacrymogène.

 Grâce à ces informations nous allons voir en détail quel est ce phénomène qui permet à l’oignon d’assurer un système de défense efficace face aux herbivores. Le processus d’enclenchement de l’agent lacrymogène vient de l’alliinase. En effet, les alliinases sont des enzymes qui catalysent des réactions chimiques dans les cellules végétales, notamment celles de l’oignon, pour leur apporter des propriétés lacrymogènes. Lors de la coupe d’un oignon, la lame déchire ses cellules.

Elles réagissent avec l’air pour produire un composé soufré très volatile : le sulfate d’allyle (ou S-oxyde propanethial) dont les effets et la composition sont quasiment identiques à ceux des produits lacrymogènes chimiques. Au contact de la cornée, les glandes lacrymales produisent des larmes réflexes pour évacuer le produit irritant. Les larmes étant composées en grande partie d’eau, une réaction avec le sulfate d’allyle engendre de l’acide sulfurique (formule chimique : H2SO4 ) qui est particulièrement irritant. Ci-dessous suit l’équation de la réaction :

C6H10SO4 (sulfate de diallyle) + 2H2O (eau) —> 2H+ + SO42- (acide sulfurique) + 2C3H6O (alcool allylique).

Cet agent provoque donc une irritation et un larmoiement des yeux chez l’animal. Après cela, ils seront probablement marqués par cette expérience douloureuse et ne retenterons pas de goûter à ce végétal. On peut donc conclure que l’oignon se défend des ravageurs herbivores grâce aux mécanismes des agents lacrymogènes.

Ainsi, l’origine première de l’existence des substances lacrymogènes était de se protéger des prédateurs. Cependant, l’Homme l’a détourné au fur et à mesure des siècles pour l’utiliser comme de véritables armes non plus destinées à se défendre mais à attaquer. En Inde, par exemple, durant la Première Guerre Mondiale, le ministère de la Défense décida d’équiper ses troupes avec des grenades composées d’un concentré de piment, le but jolokia, dont sa teneur en capscaïne le rend redoutable. Ce piment était à l’origine utilisé par des fermiers pour repousser les éléphants ; il est originaire de l’Assam au nord-est de l’Inde. La fumeterre blanche, qui signifie « fumée de terre », fut également utilisée pour ses propriétés lacrymogènes. Celle-ci provoque un larmoiement face à cette fumée.

fumeterre

Photographie d’une fumeterre

Comme nous venons de le voir cet élément a été détourné de son but premier.

L’homme a donc dénaturé certains éléments comme la « fumeterre » pour répondre à ses besoins. Mais celui ci n’a pas fait que les détourner, il en a aussi créé et cela remonte au début des années 1940. Ainsi l’Homme a mis au point des agents lacrymogènes dits chimiques ou bien synthétiques pour faire face au conflits auxquels il a participé.

Les premiers gaz lacrymogènes synthétiques ont été mis au point dès 1887 par le chimiste allemand Adolf Von Bayer dans son laboratoire à Munich. Ils ont vite été interdits par la convention de la Haye en 1907, car cette arme chimique était considérée à l’époque comme une arme chimique représentant de trop grands dangers pour autrui. Malgré les restrictions concernant ces gaz, ils ont beaucoup été utilisés durant la Première Guerre Mondiale. Pendant ce conflit qui dura 4 ans, trois types d’armes chimiques furent mis à la disposition des soldats : les irritants, les suffocants et les vésicants. L’agent lacrymogène le plus connu et très utilisé tout au long de cette guerre fut le dichlore (Cl2). A  l’origine les gaz lacrymogène avaient été créés plus dans le but de se défendre contre l’ennemi, que dans celui de lui nuire et de le blesser. D’autre part, l’agent lacrymogène le plus utilisé fut le bromoacétate d’éthyle mais ce dernier fut remplacé par le chloroacétone, plus nocif. Au fil du temps, l’exposition à l’encontre de ces gaz devint de plus en plus dangereuse voire mortelle. La France fut le premier pays dès 1905 à utiliser ce gaz sous forme de grenades lacrymogènes malgré les conventions de la Haye de 1899 et 1907 interdisant les projectiles contenant des gaz asphyxiants ou toxiques.

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